Manifeste · Texte fondateur · 2026
Changer
d’ère
Pour un humanisme républicain du XXIe siècle
Nos héritages sont pluriels.
Notre règle commune est laïque.
Notre ambition est universelle.
Nous avons
changé d’époque.
Les grandes conquêtes politiques des XIXe et XXe siècles ont permis d’organiser la liberté, le travail, la solidarité, l’éducation, la protection sociale et la démocratie face aux bouleversements de la révolution industrielle.
Notre époque exige le même effort d’invention.
Nous ne traversons pas une seule transformation. Mais la révolution du numérique et de l’intelligence artificielle en est aujourd’hui l’un des principaux accélérateurs et révélateurs.
L’intelligence artificielle, les systèmes agentiques et la robotique déplacent les frontières du travail et de la décision. Les plateformes reconfigurent l’espace public. L’économie de l’attention affecte l’enfance. Les données modifient les rapports de pouvoir. Nos dépendances technologiques mettent à l’épreuve notre souveraineté.
Ces bouleversements se conjuguent avec la transition écologique, la dette, les transformations démographiques et la recomposition des rapports de puissance. Ils posent une même question politique : voulons-nous subir les transformations qui viennent ou retrouver la capacité de les orienter ?
- IA · Agentique · Robotique
- Écologie · Biodiversité
- Dette · Générations
- Démographie · Solidarités
- Travail · Productivité
- Europe · Monde · Souveraineté
Changer d’ère part d’une conviction :
Le progrès n’est ni notre adversaire ni notre destin. Il doit redevenir un choix politique.
La politique n’a pas à choisir chaque innovation, chaque modèle économique ou chaque mode de vie. Elle doit fixer une direction, organiser les responsabilités et préserver les conditions de la liberté. Elle doit savoir distinguer ce qui doit être protégé, ce qui doit être transformé et ce qui doit être rendu possible.
Plusieurs héritages.
Une même République.
Notre démarche fait dialoguer plusieurs traditions françaises et européennes : la démocratie chrétienne, le personnalisme, le solidarisme, le radicalisme, le gaullisme social, la République sociale, la social-démocratie, le libéralisme social et l’humanisme européen.
Ces héritages ont contribué, chacun à leur manière, à penser la dignité de la personne, l’émancipation, la responsabilité, la solidarité, la participation, la liberté de conscience, la souveraineté démocratique et la construction européenne.
Nous ne cherchons ni à les confondre ni à fabriquer une synthèse sans relief. Nous voulons réunir ce qu’ils peuvent apporter à une doctrine politique capable de répondre aux transformations de notre siècle.
Nos héritages sont pluriels. Notre règle commune est laïque. Notre ambition est universelle.
La démocratie chrétienne appartient à cette histoire. Elle a contribué à penser le progrès à partir de la personne humaine, à relier la liberté à la responsabilité et l’économie au bien commun. À l’âge numérique, cette intuition retrouve une actualité particulière : comment mettre la puissance de la technique au service de la liberté humaine, plutôt que la personne au service de la technique ?
Elle dialogue avec d’autres traditions essentielles. Le solidarisme et le radicalisme rappellent que les conditions de la liberté sont aussi collectives. Le personnalisme refuse que l’individu soit réduit à son utilité, à son origine ou à son profil. La République sociale et la social-démocratie articulent émancipation, protection et justice sociale. Le gaullisme social porte le temps long, la participation et l’indépendance. L’humanisme européen et le libéralisme social conjuguent initiative, responsabilité, État de droit et coopération.
Notre règle commune est laïque.
La laïcité garantit la liberté de croire, de ne pas croire et de changer de conviction. Elle garantit l’égalité des citoyens et l’indépendance de la puissance publique à l’égard des religions.
Elle n’efface pas les convictions. Elle crée l’espace politique dans lequel elles peuvent coexister sans qu’aucune s’impose aux autres.
Une idée peut venir d’une spiritualité, d’une philosophie, d’une expérience ou d’une tradition politique. Lorsqu’elle entre dans l’espace de la décision publique, elle doit pouvoir être traduite dans des raisons partageables, discutables et accessibles à tous.
Une source de pensée n’est pas une source de droit.
Notre démarche est indissociable de cette exigence. Elle reçoit plusieurs héritages, les soumet à la raison publique et recherche ce qui peut devenir commun.
Une doctrine pour choisir le progrès.
Changer d’ère veut construire une doctrine capable de dire ce que nous voulons protéger, ce que nous voulons libérer et les responsabilités que chaque forme de puissance doit assumer.
Notre premier chantier est celui de l’intelligence artificielle, des systèmes agentiques et de la robotique. Il pose la question de la décision humaine, du travail, de l’enfance, de la souveraineté, de la confiance et de la responsabilité dans un monde où des machines deviennent capables d’agir avec une autonomie croissante.
D’autres chantiers suivront : la transition écologique et la biodiversité, la dette et la justice entre les générations, la démographie et les nouvelles solidarités, le travail et la productivité, l’Europe et les nouveaux rapports de puissance.
Aucun de ces chantiers n’échappe aux bouleversements du numérique et de l’intelligence artificielle. Ceux-ci transforment nos manières de produire, de travailler, de décider, de financer, de soigner, d’éduquer et d’exercer la puissance. Chaque chantier devra donc intégrer la manière dont les technologies déplacent les équilibres, redistribuent les responsabilités et créent de nouvelles possibilités comme de nouveaux risques.
Ce manifeste ne prétend ni tout résoudre ni clore le débat. Il fixe une méthode et une grammaire politique : partir du réel, faire dialoguer nos héritages, rendre les arbitrages explicites et construire les coalitions capables d’agir.
Je souhaite ouvrir cette réflexion aux contributions, aux expériences et aux contradictions argumentées. Une tribune, une note, un mémo, un travail de recherche ou une proposition peuvent contribuer à faire progresser cette doctrine.
Pour que nous ne subissions pas les transformations qui viennent.
Pour que nous retrouvions la capacité de choisir ce que nous voulons transmettre.
Pour que la science, l’économie et la technique restent au service de la liberté humaine et du bien commun.
Le progrès ne doit pas être subi. Il doit être choisi, orienté et partagé.
Sarah EL HAÏRY
Une grammaire commune
Des principes
pour décider
quand le monde change.
Primauté de la personne
Émancipation
Solidarité
Responsabilité
Participation
Souveraineté
Europe puissance
Le refus des faux choix
- Innovation ou protection.
- Marché ou puissance publique.
- Écologie ou prospérité.
- Nation ou Europe.
- Liberté ou solidarité.
La bonne politique organise les tensions, répartit les responsabilités et construit des équilibres durables.
Les Chantiers
Mettre la doctrine
à l’épreuve du réel.
Le Manifeste fixe une méthode et une grammaire politique.
Les Chantiers les confrontent aux grandes transformations contemporaines et cherchent des décisions suffisamment précises pour être discutées, testées et mises en œuvre.
À suivre
- 02Écologie · BiodiversitéEn préparation
- 03Dette · GénérationsEn préparation
- 04Démographie · SolidaritésEn préparation
- 05Travail · ProductivitéEn préparation
- 06Europe · Monde · SouverainetéEn préparation
Une doctrine du progrès
Libérer l’initiative.
Gouverner les risques.
Préparer le temps long.
Économie de la responsabilité
Identifier un risque n’est pas accuser.
C’est permettre de l’anticiper et d’allouer les ressources en conséquence.
Écologie de la transmission
Que transmettons-nous et avec quelle marge de liberté pour ceux qui viennent après nous ?
Ce Manifeste
n’est pas un aboutissement.
Il est une invitation à bâtir.
Contribuer- Une tribune.
- Une note.
- Un mémo.
- Un retour d’expérience.
- Une proposition de recherche.
- Un désaccord argumenté.
